La pétition des 105 000 signatures organisée par Bretagne Réunie a créé une onde de choc dans le milieu politique de Loire-Atlantique et dans les deux régions administratives des Pays de Loire et de la Bretagne incomplète.

Elle venait renforcer les multiples sondages qui montrent que les 4,7millions de Bretons vivant en Bretagne ne veulent plus être écartelés administrativement.

Avec le succès de notre pétition, nous pensions qu’elle serait salutaire et provoquerait une réelle prise de conscience politique suivi d’un processus démocratique amenant à la réunification.

Une fois de plus, notre honnêteté intellectuelle nous a amenés à cette naïveté de penser que la légitimité de cette revendication, appuyée par la demande forte de la population de Loire-Atlantique, amènerait à débloquer une situation administrative nocive pour la Bretagne tout entière mais aussi pour nos voisins d’Anjou, de Vendée, du Maine etc … qui ont eux aussi besoin de cohérence territoriale.

Banalisation et récupération de la réunification 

Constatant les blocages du système étatique et de ses relais locaux -les trois métropoles (Brest, Nantes, Rennes) et le Conseil départemental de Loire-Atlantique- le Conseil d’Administration et le bureau de Bretagne Réunie, élus le 16 septembre 2020, ont fait évoluer la ligne politique de l’association afin de prévenir toute banalisation de ce combat légitime.


En effet, au temps du CUAB nous avions connu une politisation au service du PSF ceci malgré l’action nocive de son élu principal, Jean-Marc Ayrault qui était dans la droite ligne d’Olivier Guichard, notable RPR et anti-breton bien connu. Les étiquettes changent mais les anti-bretons demeurent.

C’en est assez de ces soumissions aux partis hexagonaux et à leurs élus locaux.

Nous, responsables de Bretagne Réunie nous ne voulons pas être de nouveau instrumentalisés par une nouvelle génération d’élus de partis politiques hexagonaux.

Depuis cette pétition, par sa notoriété acquise, Bretagne Réunie est convoitée.

Certains partis politiques y voient un vivier électoral non négligeable et de fait pratiquent l’entrisme en noyautant par exemple le Comité local nantais. De là, le vocabulaire change.

On ne parle plus de « réunification » mais de « rattachement ». On ne parle plus de « réunification » mais de « démocratie » et par conséquent de « référendum ».

La situation que nous vivons aujourd’hui est à rapprocher de la période 77/84.

Pour des raisons stratégiques, l’UDB avait opté en 1977 pour une ligne pro-PSF afin d’accéder aux responsabilités dans la gestion de municipalités.

Cette stratégie impliquait un seul municipe afin que ce parti breton préserve sa liberté comme les partis gallois, écossais, basques etc

Le congrès de l’UDB en 1983 a cassé cette stratégie et la ligne suiviste pro-PSF a gagné de peu entrainant l’éclatement du parti.

Il faut savoir qu’en 1977 Michel Debré voulait dissoudre l’UDB et Rouge. Il a dissous Rouge. S’allier dans une liste d’union de la gauche c’était aussi protéger ce parti breton pendant 6 ans. En 1983, le risque était-il toujours là ?

Pourquoi ce rappel ?

Parce que nous assistons depuis trois ans à des attaques en règle contre Bretagne Réunie.

Prise de contrôle du Comité Local nantais avec mise à l’écart de militants bretons de Bretagne Réunie, puis appels téléphoniques à des responsables de BR les invitant à évincer certains de leurs collègues et à rejoindre la liste qu’ils avaient constituée, pour ne citer que ces faits.

Les élections ont largement renouvelé la confiance des adhérents en faveur de l’équipe sortante renforcée par de nouveaux membres.

Pourtant le CL nantais a continué d’agir comme une association indépendante prenant des décisions contraires à la ligne stratégique définie par les membres du Conseil d’Administration telles que la promotion d’un « référendum ».

La dissolution du CL nantais a donc été décidée.

S’en est suivi un flot continu de communiqués de presse, de messages sur les réseaux sociaux, d’e-mailing en utilisant frauduleusement les fichiers de BR, continuant à signer Comité Local nantais de Bretagne Réunie tout en utilisant le logo.

La décision d’exclure trois adhérents a donc été votée par le CA.

Le harcèlement nuisant à BR continue en adoptant une posture victimaire.

Ne soyons pas dupes de ce qui se passe.

En parallèle de ces actions toxiques pour BR, nous avons vu se créer une association militant pour un referendum par les animateurs du CL de Nantes. Si la création d’une nouvelle association militant pour la réunification ne pose pas de problème à BR, vouloir à la fois diriger Bretagne Réunie et une association à la stratégie fondamentalement différente, est inenvisageable.

En effet, nous retrouvons là la volonté d’agir dans l’intérêt non pas des Bretons mais dans l’intérêt de stratégies politiciennes hexagonales.

Cette stratégie nous amène « tranquillement » vers un vote grand ouest incluant les départements non bretons des pays de Loire. Comme l’a déclaré l’élu aux enjeux bretons sur Télé Nantes « si le vote est négatif, et bien le sujet sera clos ».

Ainsi traite-t-on la réunification.

« La question du rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne administrative est avant tout un enjeu civique, et non pas un fétiche identitaire » selon une élue nantaise.

La Bretagne devient donc une matière première comme une autre.

Toujours la même élue favorable au référendum : « L’histoire et la culture comptent, bien sûr, mais nos débats ne sauraient rester rivés au registre de la réparation historique ».

Oublié le droit des peuples minorisés ?

 Ou bien est-ce l’aveu d’un manque de courage politique alors que notre système repose sur une démocratie représentative ?

Nous déplorons la fin de non-recevoir par cette élue à la fois de Nantes, Nantes Agglo et du Conseil régional de la région Bretagne à la demande du Président Loïg Chesnais-Girard de voter ensemble et en même temps – conseil régional et conseil municipal de Nantes- une résolution demandant au gouvernement la réunification de la Bretagne.

Nous notons qu’elle déclare que Nantes a déjà voté un vœu.

Mais le vœu portait sur un referendum. Cette élue aurait pu être un pont entre Nantes et le CR de la région Bretagne. Malheureusement, le jeu politicien fait qu’elle est proche du PS en 44 et opposée au PS au conseil régional à Rennes.

Toujours en échec depuis 50 ans

Naïvement nous nous posons la question lorsque nos regards se portent vers le Pays-Basque, la Corse et même l’Alsace, pourquoi pas nous ?

Depuis 50 ans nous laissons le combat breton être détourné de ses objectifs par des « « compatriotes » qui n’ont comme souci que de servir des forces hexagonales soit par idéologie soit par ambitions personnelles.

L’ambition n’est pas un défaut en soi, Bretagne Réunie souhaite seulement que cette ambition soit aussi portée par l’ambition d’un véritable projet breton.

C’est tout le sens de « la ligne stratégique » qui a été actée et que vous pouvez lire ou relire sur le site web de Bretagne Réunie.

Des signes positifs                  

Cependant, nous notons comme positif que le Conseil Régional de Bretagne a, lors de sa dernière session, refusé la fusion et appelé à une consultation. Par conséquent, ceux qui militent pour un référendum sur des limites géographiques mal définies avec ses suites potentiellement néfastes ne respectent pas le vœu voté.

Une association libre et indépendante

Le bureau, le conseil d’administration de Bretagne Réunie s’engagent à continuer de travailler en toute indépendance dans l’intérêt de toute la communauté humaine bretonne de femmes et d’hommes d’origine ou d’adoption pour que la Bretagne soit enfin réunifiée. La réunification est la seule réponse démocratique acceptable.

C’est tout le sens de notre action.